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Sécheresse de Gérard Chenet
Théâtre poétique
Découvrir l'auteur : Gérard Chenet Lire le texte de Julien Delmaire sur Sécheresse
Présentation de Sécheresse : Le rythme de l’art bat au pouls de l’univers. L’univers répercute ses rythmes au cœur de tout et singulièrement dans l’art. Ce dernier permet à l’homme dès l’origine d’interroger les dieux et de faire écho à tous les questionnements existentiels. Gérard Chenet, natif de Haïti et résidant au Sénégal, est intimement persuadé que dans la quête de l’harmonie, en exprimant la dynamique rythmique universelle, tout humain recèle en lui une capacité de création artistique. Cependant, si cette puissance conférée à l’humain vient à manquer d’une dimension affective et spirituelle, elle court toujours le risque d’être dévoyé au profit d’un tyran. C’est le sujet de Sécheresse qui montre merveilleusement cette ambiguïté de l’art, quand le pouvoir cherche à s’emparer de la puissance poétique et oratoire, pour imposer sa voie unique. Passion du pouvoir indifférente au dénuement absolu des individus. Empreinte d’une grande spiritualité, Sécheresse est plus que jamais d’actualité au moment où de nombreux pouvoirs vacillent à l’horizon des rêves des peuples. Création d’une âme vivant au rythme des étoiles, l’envoûtement est au rendez-vous de cette magnifique pièce de théâtre. La Cheminante
L'origine de Sécheresse : Nous venons au monde avec nos peurs et nos frustrations enfouies au plus profond de notre inconscient. À l’orée de notre existence, d’autres impressions induites par l’environnement, des tendances, des fantasmes s’ajoutent à celles que nous charrions dès la naissance. Elles se combinent pour se muer en nos obsessions. Ce sont nos névroses de base qui conditionnent notre vie depuis l’enfance et à partir desquelles, nous voulons grandir et mûrir en les évacuant. Ceci, grâce à un effort d’accéder à la vacuité, à un estompement de l’ego obtenu par un effet de la concordance rythmique. Grâce à l’attention et la concentration précisément, que nous impose l’exercice rythmique de l’art. En toutes ses manifestations, la nature témoigne du phénomène de la concordance des rythmes. Nous prolongeons ces rythmes et les coordonnons dans l’art à l’image de notre nature biologique, du règne végétal, de l’univers sidéral. Le rythme est en tout. Et la concordance universelle des rythmes se trouve être le moteur de la vie. Sa représentation dans l’art est une mise en scène de nos fantasmes et névroses. Cette mise en lumière s’exerça en verbe poétique et traditions orales en arts lyriques, chorégraphiques et visuels à l’origine des religions. La concordance des rythmes se révèle comme le principe premier de l’Art d’où découle religion et pouvoir. Dans la pièce qui suit, le poète dira : À se faire gloire de ses malheurs, la souffrance proférée s’évacue d’elle-même. Nous arrivons ici à la source du mythe. Nos représentations névrotiques réifiées et glorifiées se personnalisent ; se trouvent divinisées sous l’apparence d’entités mystiques : le dieu de la mort, la déesse de l’amour, le divin Maître du Verbe, jusqu’au Capitaine Mâchefer, le monarque absolu et despotique. Le poète dira de lui : Qui se hasarde à diviser l’indivisible Dissipe l’attention de ses voies de clarté Soumet l’humanité à cette transmutation d’espèces et d’identité Et plus loin vers la fin : Le diable m’emporte de compter sur le pouvoir dérobé à la poésie D’où le conflit entre le poète et le pouvoir absolu, l’aspiration du couple à l’unité cosmique, la difficulté pour le peuple, le collectif à se soulager de la rigueur de l’existence pour accéder à l’humanisation spirituelle. Nous y arrivons cependant, grâce aux rituels rythmiques : les cérémonies vaudou, l’hypnose thérapeutique, l’art thérapie, l’écriture poétique, le théâtre poétique... Je n’en dis pas plus. Gérard Chenet
Revue de presse de Sécheresse, joué dans le Sud-Ouest et à Paris
"Images de Sécheresse est un superbe poème dramatique où la force du verbe est magnifiquement prise en charge par l’ensemble des comédiens. Les mots trouvent un contrepoint très fort dans les rythmes de danses rituelles utilisées comme métaphore et surtout dans la musique de la flûte peuhl sous les doigts magiques et avec le souffle inspiré de Samba Diallo. Entre cauris, bâtons, flûte et comédiens s’organisent un dialogue et des déplacements qui, avec une très belle lenteur, mettent en image la poésie très dense. La tradition africaine du conte, l’usage du wolof, son irremplaçable structure rythmique, les rites d’exorcisme et de transe africaine et vaudou ne sont pas ici des traces dégradées en folklore, mais des outils vivants qui permettent aux scènes, ponctuées de noirs très forts, de dérouler leur faste poétique. C’est un authentique poème qui interroge les hommes sur les rapports délicats entre l’équilibre social et l’équilibre naturel." Philippe ROUYER Acteurs
"Il est des soirées à marquer d’une pierre blanche, parce qu’elles constituent des moments privilégiés. C’était le cas, mardi, pour celle qui a été donnée par La Vache cruelle. Le spectacle interroge et interpelle. D’une grande beauté plastique, il a véritablement touché le public venu nombreux au Palace." Chantal GIBE Journal Sud-Ouest
S’il ne donne pas de réponse, le texte de Gérard Chenet, mis en scène par Pierre Orma, est tout de même porteur d’espoir : parce qu’il suppose une prise de conscience, parce qu’il lutte avec des mots et des images de choc contre l’inexorable drame du Sahel. Parce qu’il est porté avec ferveur. Catherine DARFAY Journal Sud-Ouest
Lire aussi les autres livres de Gérard Chenet : Poèmes du village de Toubab Dialaw, poésie. Transes vaudou d'Haïti pour Amélie chérie, roman, L'Harmattan Sénégal
El Hadj Omar La Grande épopée des Toucouleurs, L'Harmattan Sénégal
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