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Le Quotidien de la Réunion et de l'Océan Indien

Dans le journal Le Quotidien de La Réunion et de l’Océan indien, Sabine Le Bras, 29 mars 2009            

Errances sur la Grande-Île : partir loin, pour oublier ?

Petite pause, pour Maryvette Balcou qui, après de nombreux albums dédiés à la jeunesse, s’essaie au roman dit pour « adulte ». Façon quête initiatique avec Madagascar pour décor, voici Le raccommodeur de poussières.
Le raccommodeur de poussières premier roman de Maryvette Balcou, vient de paraître chez La Cheminante, nouvelle venue dans le monde de l’édition. Une grande première, pour cette auteure installée à La Réunion, qui prête généralement sa plume à l’univers de la littérature jeunesse – pour laquelle elle a déjà publié pas moins de seize albums.

Le raccommodeur de poussières ou l’histoire d’un homme cherchant à dissiper les peines de son passé ; façon quête initiatique avec Madagascar pour toile de fond ; la Grande-Île pour décor aux questionnements d’un homme qui remet sa vie en jeu. Au milieu des paysages colorés et de la pauvreté malgache, Azzo l’Italien, cherche ainsi à oublier son passé, qui réapparaît malgré lui au fil des pages, par une voix off qu’on entend murmurer.
Une « autre façon » de porter un regard sur la situation et de nourrir sa réflexion, précise l’auteure, prisant volontiers ces figures de style : « Azzo, je te sens perdu. Tu ne sais plus où aller, ni vers quoi te diriger. Ta maison n’est plus qu’un château de cartes détruit. L’eau a détrempé tous les meubles et les pages de tes meilleurs livres tournent seules, sous l’effet des dernières brises ».

« Le moment est venu de soulever le couvercle de ta boîte de fer rouillée. Ouvre-là et regarde une dernière fois les cendres qui viennent de notre village enfoui. Tu n’en a plus besoin parce que tu vas revenir » (…) ».
Partir loin, pour oublier, peut-être… Mais se heurter une nouvelle fois aux décalages et aux incompréhensions, évidemment.

Sur ce pas sauté entre la littérature jeunesse et celle destinée aux « adultes », Maryvette Balcou confie : « Je ne pense pas qu’il y ait de différences à écrire pour un public jeune ou adulte. Je trouve une même constante dans cet exercice : le défi littéraire. Le défi de créer quelque chose qui n’est pas là, de travailler la langue et les idées afin de faire naître quelque chose de satisfaisant sur le plan esthétique et musical. Pour moi, un texte doit être riche et avoir des entrées différentes, que l’on ait dix, trente ou soixante ans », explique ainsi Maryvette Balcou, estimant qu’à chaque âge « un écho » différent puisse résonner en chacun de nous.

Sur le choix de la Grande-Île comme toile de fond, l’auteure évoque le voyage comme  « excellent moteur » donnant matière à écrire.
« Vous vous doutez bien que j’ai vécu fortement la découverte de Madagascar. Je trouve que les voyages obligent à se remettre en question et provoquent des émotions et des questionnements. Le roman fait état de choses que j’ai rencontrées là-bas, sans  être non plus une autobiographie », glisse Maryvette, qui dit avoir toujours été séduite par la richesse malgache, que ce soit sur le plan culturel, sur celui de l’organisation sociale, de la géographie, de la botanique ou, évidemment, sur le plan des rencontres avec ses habitants.

Un ouvrage rempli de belles images de Madagascar et de contrastes riches d’émotions, qu’on ne referme pas sans un petit pincement au cœur.

Sabine LE BRAS
Le Quotidien de La Réunion et de l’Océan indien, 29 mars 2009


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