|
Petite
géo-biographie de Xabier Soubelet La
peinture de Xabier Soubelet aspire à un retour à la création
originelle, celle du monde, celle du Pays basque et sans nul doute
celle de sa naissance. Ses toiles reflètent la recherche continuée
d'une monde pur, encore naïf, non entaché de la folie des hommes,
ni des peines de la vie : sa mère décédée l’année de ses
cinq ans, ainsi que ses trois sœurs.
Cette
référence à l'origine s'exprime dans ses toiles par un mouvement
impétueux circulaire qui semble emporter tout le monde réel, mais
qui en fait le crée. Magma coloré, sorte de big bang, qui donne
naissance à un monde en couleurs, pas tout à fait réel lui non
plus car toujours empreint d'une vision très particulière du
paysage, quelque chose de joyeux, musical, souvent bucolique et à la
fois solide, ancré dans un Pays basque terrien et montagnard qui
révèle un grand amour pour cette terre.
Né
à Ciboure, Xabier Soubelet aime la mer, mais le pôle d’attraction
de sa création picturale se situe dans la vallée du Baztan, au cœur
des montagnes basques. Déjà poète et chanteur, il y rencontre à
22 ans le peintre Jose Mari Apezetxea qui va lui faire découvrir la
peinture. En 1977, il intègre le collectif des peintres du Baztan.
Sa vie de peintre est lancée, son œuvre très tôt reconnue. Les
prix se succèdent dans la vie d’un homme très amical et sociable,
qui se réserve pourtant un lieu édénique sans homme : celui
de sa peinture.
L’absence
des hommes n’est pas pour autant absence d’humanité, c’est
sans doute plus une recherche d’éternité. S’il n’y a pas
d’homme, l’expression de la simple puissance virginale de la
nature évoque une vie sans finitude.
Pourtant,
une maison présente dans toutes les toiles est bien le signe
incontestable d’un temps qui s’écoule, mais il s’agit aussi
d’une maison qui dit l'enfance, une maison protectrice comme une
mère éternellement prête à accueillir ses enfants, point
d’ancrage de la quasi-totalité des toiles, à partir duquel
jaillissent les formes et les couleurs.
Une
palette multicolore, chaude et à la fois très lumineuse caractérise
l’œuvre de Xabier Soubelet. Couleurs qui créent les formes
composant des paysages tant réels qu'abstraits.
Avec
la maturité vient de plus en plus un désir d'abstraction, comme si
l’artiste s'autorisait enfin à s’émanciper d’une nature
rassurante, pour explorer le questionnement sans réponse de
l'abstraction.
Si
l'on cherche des références à cette œuvre on pense
immanquablement à Cézanne pour le traitement des montagnes, Matisse
pour la palette des couleurs et à présent Nicolas de Staël du côté
des compositions abstraites.
Véritables
odes à la nature, les toiles de Xabier Soubelet chantent un monde
joyeux et poétique. La vibration des couleurs et de la matière crée
une harmonie qui signe le bonheur simple d'exister. Sylvie
Darreau Ciboure,
le 2 septembre 2009 |